Sylvie Buisson et son amour du Japon

© Sylvie Buisson
L’automne, 1927, dessin à l’encre sur papier © Fondation Foujita /ADAGP, Paris, 2025
pour toutes les utilisations des oeuvres, du nom, et de l’image de Foujita.

Très attirée par la sensibilité japonaise, Sylvie Buisson étudie d’abord l’Art japonais et la culture japonaise au cours de ses études d’Arts plastiques et Histoire de l’Art à Paris. Mais rien ne peut remplacer un séjour au Japon, à Tokyo et à Kyoto bien sûr, mais aussi dans toutes les régions. du pays. Ce fut possible par le biais de stages d’apprentissage de son époux aikido-ka et kendo-ka dès 1975. La découverte du Japon les conforta dans leur sentiment de voisinage de sensibilité avec ce pays. Ils se lancèrent d’abord dans la réalisation d’un ouvrage sur les temples et les sanctuaires japonais : aucun livre français n’existait alors sur ce sujet. Ils publièrent aussi plusieurs articles sur leur découverte du Japon dans des revues françaises les illustrant de leurs propres photographies. Puis, ce fut peu à peu sur l’œuvre de Foujita qu’ils se concentrèrent en 1980. Le Japon est donc une histoire d’amour née aux Beaux-Arts et au cours de leur parcours universitaire, qui se confirma par la suite dans la réalité japonaise, ses arts, son artisanat et ses modes de vie, naturelle, traditionnelle et novatrice, ouis ensuite dans l’étude du parcours d’un exemple frappant de trait d’union entre la France et le Japon : l’arriste Tsuguharu-Léonard Foujita.

Foujita a étél’excuse rêvée pour alimenter leur passion de la culture japonaise, et le moteur d’une recherche chaque jour poursuivie.

À l’image de son pays natal, cet artiste unique sut allier les forces contraires, ou en tous cas les opposés, c’est-à-dire l’innovation et la tradition, de la même manière qu’il conjuguait l’Orient et l’Occident, les grandes joies et les malheurs. Il sut transformer le cours de sa vie, un roman-fleuve, en œuvres magiques.

Traditionnel ou moderne, le Japon demeure avant tout lui-même c’est-à-dire aussi vrai dans la tradition -et son vécu toujours perpétué aujourd’hui dans les règles de l’art – que dans la modernité la plus novatrice, extravagante, surprenante, le plus souvent n°1 de l’avant-garde mondiale. Et c’est bien ce qui passionne toujours Sylvie Buisson ; les Japonais appliquent un même soin à inventer et à performer des éléments modernes nouveaux (art, mode, technologie…) qu’à suivre les modes de vie et les habitudes ancestrales – dont ils ne souhaitent et ne peuvent absolument pas se passer. C’est un bel exemple qu’elle aimerait transposer en Europe et en France en particulier. Un modèle d’équilibre poussé à l’extrême – totalement assumé.

Voyager au Japon s’imposait à Sylvie Buisson non seulement comme une nécessité qui lui permit de rencontrer les membres de la famille Fujita, et ses amis, les derniers témoins de sa vie, et d’admirer ses oeuvres présentes dans différentes maisons, mais aussi comme un parcours initiatique, philosophique et humain.

En se remettant dans les pas de Foujita, en parcourant des milliers de kilomètres au Japon, du lieu-dit de sa naissance – aujourd’hui un grand garage non loin du fleuve – jusqu’à ceux souvent détruits de ses diverses habitations, l’artiste prit corps à ses yeux et son œuvre avec lui des reliefs extrêmement tangibles. Se rendre là où Madeleine mourut au printemps 1936, au lieu dit de la maison de style mexicain dont il ne reste intacts que les piliers du portail – le reste brûla dans le bombardement de Tokyo en 1945 – fut un moment de grâce ; accompagnée par Nobuko Fujita, évoquant son souvenir émerveillé de Madeleine, l’expert prit conscience des difficultés d’être qu’avait surpassées Foujita pour ne pas sombrer dans le désespoir ou la folie…  Et de sa grande force d’âme.

Piloter des expositions au Japon et publier le Catalogue Général Raisonné de l’Œuvre de Foujita provoquent de nouveaux voyages et de nouveaux séjours toujours aussi enrichissants.

© Sylvie Buisson

1929, Quelques pins et le Fuji-Yama sur un carton d’invitation invitent les Parisiens à prendre un thé dans le cadre de la grande exposition d’Art japonais à laquelle Foujita participe © Fondation Foujita /ADAGP, Paris, 2025 pour toutes les utilisations des oeuvres, du nom, et de l’image de Foujita. 

Foujita et la nature japonaise
Ci-dessous, Sylvie Buisson, étape dans la ville d’eau de Matsue. Photo Sylvie Buisson

© archives Sylvie Buisson
Située dans le quartier de Shinjuku, la maison Fujita est vaste comme son jardin ; on aperçoit le général les pieds dans l’herbe, archives de la famille Fujita. Archives ACRB, Paris