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Le retour définitif de Foujita en Occident

Avec Kimiyo : l’envol vers la liberté, la renaissance à New York

1949

Finalement le visa obtenu, Foujita s’envole le 10 mars pour New York. Le 23 mai, Kimiyo le rejoint. Nommé professeur à l’École des Beaux-arts de Brooklyn, il n’y enseignera jamais et se consacre entièrement à se reconstruire en se lançant dans des peintures aux glacis parfaits et sujets très français. Sa série de toiles en hommage à Jean de la Fontaine qu’il expose galerie Mathias Komor est une merveille. Foujita renaît.

Le retour définitif à Montparnasse

1950

  Arrivée à Paris, 1950

Le 27 janvier, il s’embarque avec Kimiyo sur le S.S. Washington et débarque au Havre le 14 février. À Paris, Foujita déclare aux journalistes :

Je reviens pour rester. Je veux mourir en France et être enterré au cimetière Montparnasse auprès de Modigliani.

Après un séjour à l’hôtel, Beaujolais et avoir déposé ses malles chez ses amis Grosjean, Foujita retrouve un atelier 23 rue Campagne-Première à Montparnasse qui, toutefois, a perdu son effervescence d’avant-guerre. Il demeure fidèle à la Figuration alors qu’en France l’abstraction a envahi les galeries. En mars, il expose à la galerie Paul Pétridès qui lui consacrera une exposition tous les deux ans jusqu’en 1964.

1951

A la fin du mois de janvier, son ami Victor Berger-Vachon l’invite chez lui à la Bouzaréa tandis que Romanet l’expose dans sa galerie de la rue d’Isly, à Oran et à Casablanca. En novembre, c’est au Cercle des Beaux-Arts à Madrid. L’aisance financière du couple est de nouveau assurée. Foujita participe au premier « Salon des peintres témoins de leur temps ». Il y exposera pendant huit ans.

1952

Foujita offre au Musée national d’Art moderne quatre œuvres importantes : Mon intérieur (1921), Mon intérieur (1922), Café (1949), Notre-Dame, Quai aux fleurs (1950). En juin s’ouvre sa deuxième exposition à la galerie Paul Pétridès.

1953

A l’automne, deux expositions lui sont consacrées à Barcelone et à Bilbao. Ce sont de grands succès.

1954

La 3ème exposition chez Paul Pétridès a lieu en juillet. Le 5 octobre, Foujita, qui a divorcé officiellement de Youki quelques mois plus tôt, épouse Kimiyo dans l’intimité.

Avec Kimiyo toujours : la naturalisation et l’illumination religieuse

1955

Le 28 février, ils obtiennent la nationalité française. En mars, le musée Bridgestone de Tokyo organise une exposition spéciale de Foujita qui, en France, illustre Le Dragon des mers de Jean Cocteau, récit du voyage au Japon du célèbre écrivain.

1956

En juillet s’ouvre une nouvelle exposition à la galerie Paul Pétridès. Il y rencontre René Lalou président des Champagnes Mumm pour qui il dessinera une rose, emblème de sa cuvée rosée.

1957

Foujita est promu au grade d’officier de la Légion d’honneur.

1958

Élu membre associé de l’Académie Royale de Belgique, ses expositions se multiplient en Europe. À Reims où il séjourne à l’invitation de René Lalou et Georges Prade, il dit avoir reçu l’illumination mystique en visitant la basilique Saint Rémi.

1959

L’illustration de L’Apocalypse de Saint Jean que lui commande l’éditeur Joseph Forêt avec Salvador Dali, Bernard Buffet et Ossip Zadkine, Jean Cocteau, Jean Rostand ou Ernst Jünger, le conforte dans sa conscience religieuse. Le 14 octobre, convertis au catholicisme, Foujita et Kimiyo sont baptisés et mariés religieusement en grande pompe en la cathédrale de Reims. Le peintre adopte le prénom de Léonard, en hommage à Vinci, et dorénavant signe ainsi ses œuvres.

Arrivée à Paris, 1950  

1960

Le peintre acquiert une petite maison dans le village de Villiers-le-Bâcle (Essonne) qui surplombe la vallée de Chevreuse. Il engage d’importants travaux qu’il dirige lui-même. Foujita travaille régulièrement pour l’éditeur Pierre de Tartas qui a créé le centre d’art de Vauboyen à Bièvres (Essonne).

1961

Il participe à la première exposition d’art sacré de Trieste (Italie) et y reçoit la médaille d’or. En novembre, il s’installe à Villiers-le-Bâcle, tout en gardant son atelier de la rue Campagne-Première. Les expositions continuent de se succéder aussi bien en France qu’au Japon.

1962

Il envisage de réaliser une chapelle à Villiers-le-Bâcle et recherche un terrain pour son projet. Il commence à réaliser de petites maquettes.

1963

Il réalise les illustrations de La Mésangère sur un texte de Jean Cocteau qu’édite Pierre de Tartas, dernier ouvrage écrit par le poète qui s’éteint peu après.

1964-1966

Foujita consacre toute son énergie à sa dernière grande œuvre, la Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims. Il en conçoit les plans, en lien avec l’architecte Maurice Clauzier, et le dessin des vitraux, ferronneries, sculptures et réalise une immense peinture murale sur tous les murs intérieurs. René Lalou, président de la maison Mumm, finance lui-même la construction. En mai 1966, la chapelle est bâtie et durant l’été suivant peinte à fresque par Foujita. Le 1er octobre, l’édifice est consacré et le 18 octobre, Foujita et René Lalou en remettent les clés à la ville de Reims.

1967

L’état de santé du peintre est préoccupant. Malade de cancer, il est d’abord suivi à Paris puis sur le conseil de son ami Georges Prade soigné par l’éminent Professeur Rossier à l’hôpital cantonal de Zurich. Il subit là plusieurs interventions qui lui permettent de revenir plusieurs fois à Villiers mais la maladie l’emporte inexorablement en fin de l’année.

1968

Le 29 janvier, au terme de souffrances immenses, il s’éteint à Zurich laissant à Paris et dans le monde entier un imposant ensemble d’œuvres. Il repose à Reims dans sa chapelle aux côtés de sa dernière épouse.